Interventions dans le Grand Conseil

La traite des êtres humains

Impulsion no. 4 | Septembre 2018


Fin 2017, le Conseil-exécutif du canton de Berne a répondu à sept questions de mon interpellation. Il a expliqué ce que le canton de Berne fait contre la traite des êtres humains.
La conclusion était que le canton de Berne entreprend pas mal de choses en comparaison d’autres cantons. Néanmoins, bien trop de femmes sont encore victimes de la traite des êtres humains et de la prostitution forcée dans le canton de Berne. À cause de la dimension toujours insupportablement trop grande de cette injustice, je demande une lutte encore plus engagée contre la traite des êtres humains en présentant trois interventions parlementaires concrètes et hors partis.

Plus de ressources pour les enquêtes

Dans une première motion, je mandate le Conseil-exécutif d’augmenter l’effectif du ministère public et des spécialistes de la police cantonale qui font les enquêtes. La collaboration entre la Confédération, le canton, les communes et la société civile doit être intensifiée, par ex. en ce que le canton soutienne également la ligne d’appel nationale de ACT212, actuellement financée par des dons.

Prévention contre les activités de «Loverboys»

La deuxième motion a pour thème l’accroissement de la problématique des «Loverboys» et demande que des mesures de prévention adéquates soient prises dans les écoles. «Loverboys» donnent aux filles de l’attention, de l’affection, des compliments et souvent des cadeaux. En même temps, ils rendent les victimes émotionnellement dépendantes et les éloignent de leur famille et de leur entourage. Plus tard, ils incitent ou forcent les filles à la prostitution. Souvent ils font croire à leurs victimes vouloir utiliser l’argent ainsi gagné pour la construction d’un futur commun. Malheureusement de tels cas se sont fréquemment produits ces derniers temps. Des parents désespérés doivent chercher de l’aide en partie auprès de centres de consultation en Allemagne, vu qu’ici la population et les écoles sont encore bien trop peu sensibilisées.

Des panneaux d’information dans des maisons closes

La troisième intervention parlementaire demande de faire un ajout dans la loi sur la prostitution: Les propriétaires de maisons closes devront placer dans les locaux des panneaux qui informent les victimes de la traite des êtres humains sur leurs droits et un numéro de secours. L’État américain Connecticut a déjà en 2016 décidé une telle mesure à l’unanimité. Le 15 juin 2018, la chaîne de télévision Telebärn a rendu compte de cette intervention au Grand conseil du canton de Berne. Un parlementaire UDC et ancien propriétaire d’une maison close a déjà émis des critiques à ce sujet. J’ai pourtant confiance que ces trois interventions pourront trouver une majorité et apporteront une aide efficace à la lutte contre la traite des êtres humains.
Samuel Kullmann, grand conseiller UDF du canton de Berne (texte traduit)